Wimbledon 2012: Ce qu’il faut en retenir!

Wimbledon 2012: Ce qu’il faut en retenir!

juil 12, 2012


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A l’aube de ce Wimbledon 2012, tout le monde voyait déjà le Big 4 dans le dernier carré. Il est vrai que l’on voit mal qui pourrait gêner les 4 meilleurs joueurs du monde, hormis leurs poursuivants directs au classement que sont David Ferrer, Jo-Wilfried Tsonga, Tomas Berdych, ou encore Juan Martin Del Potro, seuls joueurs à avoir pu troubler le Big 4 en Grand Chelem ces dernières années. Seulement voilà, d’autres joueurs, beaucoup moins attendus, en avaient décidé autrement…

 Des premiers tours à haute tension

Le premier jour voit l’entrée en lice, comme le veut la tradition, du tenant du titre Novak Djokovic, sur le Centre Court. Aucune alerte pour le Serbe qui déroule face à un ancien numéro 1 mondial, l’espagnol Juan Carlos Ferrero. Mais c’est sur ce même Centre Court qu’aura lieu l’une des plus grosses surprises de ce tournoi, causée par le Letton Ernests Gulbis, 87ème mondial. Tout le monde connaît l’immense talent du Letton, trop rarement confirmé. Auteur d’un match parfait, notamment au service (72% de premières balles et 30 aces claqués), Gulbis n’aura besoin que de 3 tie breaks pour sortir le tchèque Tomas Berdych, 7ème joueur mondial. Exploit qui ne sera pas confirmé, puisque le Letton sera sorti dès le tour suivant par le Polonais Janowicz… On notera également les éliminations dès le 1er tour de l’Australien Bernard Tomic, 1/4 de finaliste en 2011, battu par David Goffin, et de John Isner, battu par Alejandro Falla, alors qu’un match contre Nicolas Mahut l’attendait au tour suivant…

Mais c’est au 2ème tour que toute la planète tennis va trembler. Et le responsable de ce tremblement de terre est un joueur tchèque du nom de Lukas Rosol, classé tout juste 100ème mondial, et dont le seul fait d’armes cette année est une demi-finale au challenger de Bordeaux. Touché par la grâce, le tchèque joue le match de sa vie (65 coups gagnants pour seulement 29 fautes directes) pour sortir en 5 sets et 3h18 de match le numéro 2 mondial Rafael Nadal, vainqueur de Roland Garros deux semaines auparavant.  Ce deuxième tour marque également l’élimination de Gilles Simon, battu par Xavier Malisse. Le français aura donc plus fait parler de lui par ses déclarations hors court que par ses résultats…

Le lendemain, l’ombre de l’exploit de Rosol plane toujours tandis que Novak Djokovic fait son entrée sur le Centre Court pour affronter un autre joueur tchèque en la personne de Radek Stepanek. Mais c’est un autre favori qui va connaître une grosse frayeur dans son 3ème tour. Opposé au français Julien Benneteau, le roi Roger Federer se retrouve mené 2 sets à 0, la faute à un Benneteau en grande forme, qui va ensuite se retrouver à 2 points de la victoire dans le 4ème set. Mais c’est bien le Suisse qui va réussir à se tirer d’affaire en remportant le dernier set 6/1. Ce troisième tour donnera lieu au plus long match de la quinzaine (5h31) opposant le Croate Marin Cilic à l’Américain Sam Querrey, la victoire étant revenue au premier cité, 7-6, 6-4, 6-7, 6-7, 17-15 !

Ces nombreuses surprises lors de la première semaine permettent ainsi à des joueurs peu attendus de s’offrir une place en 1/4 de finale. C’est le cas des allemands Florian Mayer et Philipp Kohlschreiber, ce dernier signant son premier 1/4 de finale en Grand Chelem, ou encore Mikhail Youzhny, qui s’offre un premier 1/4 de finale à Wimbledon, seul tournoi du Grand Chelem où il n’avait pas encore atteint ce niveau de la compétition. De leur côté, les favoris assurent. Djokovic, Murray et Ferrer déroulent en 3 sets, Federer, malgré un dos douloureux, l’emporte en 4 sets face à Malisse, tout comme Tsonga face à Fish.

Des affiches inattendues

Les 1/4 de finales présentent donc des affiches inédites si l’on excepte l’alléchant Murray/Ferrer, duel dont l’Ecossais va sortir vainqueur en 4 sets serrés, prenant ainsi sa revanche sur l’Espagnol qui l’avait sorti à ce même stade de la compétition à Roland Garros. Jo-Wilfried Tsonga va également devoir s’employer pour éliminer Philipp Kohlschreiber en 4 manches, tandis que Djokovic (face à Mayer) et Federer (face à Youzhny) déroulent tranquillement en 3 sets.

Nous retrouvons donc une nouvelle fois 3 membres du Big 4 en 1/2 finale, l’invité « surprise » étant Jo-Wilfried Tsonga, une nouvelle fois dans le dernier carré tout comme l’an dernier. La première 1/2 finale est un classique. Roger Federer et Novak Djokovic s’affrontent pour la 27ème fois. Le Suisse mène 14 à 12, mais le Serbe a remporté 6 de leurs 7 derniers affrontements. Et c’est bien Roger Federer qui va se qualifier pour sa 8ème finale à Wimbledon – un record. Grâce à un match proche de la perfection (31 points gagnants pour seulement 10 fautes directes, 75% de points gagnés derrière sa première balle et 72% derrière la seconde), le Suisse va faire craquer le numéro 1 mondial, plus fébrile dans les moments importants, en 4 manches et 2h19 de jeu 6-3, 3-6, 6-4, 6-3. Le Suisse n’est alors plus qu’à un match de retrouver la place de numéro 1 mondial…

La seconde 1/2 finale est plus inédite, mettant aux prises Andy Murray et Jo-Wilfried Tsonga. C’est l’Ecossais qui va prendre le meilleur départ dans ce match, profitant des trop nombreuses fautes directes du français (42 au total, contre 12) pour enlever les deux premières manches 6-3, 6-4 en à peine plus d’une heure de jeu. Le Français va enfin se lancer dans cette 1/2 finale dans la 3ème manche, qu’il empoche 6-3. Finalement, c’est bien le chouchou du public qui va l’emporter sur un dernier magnifique retour croisé, 7-5 au 4e set. Andy Murray devient donc le premier Britannique depuis Henri Austin en 1938 à atteindre la finale du Grand Chelem londonien.

Une finale électrique

Cette finale de l’édition 2012 de Wimbledon est donc chargée d’histoire et d’enjeux. En cas de victoire, Roger Federer peut redevenir numéro 1 mondial et ainsi empocher l’un des derniers records manquant à son palmarès, celui du nombre de semaines passées en tête du classement ATP. Quant à Andy Murray, il peut devenir le premier Britannique à remporter Wimbledon depuis Fred Perry en 1936, là où ont échoué des joueurs comme Tim Henman ou Greg Rusedski…

C’est l’Ecossais qui va prendre le meilleur départ dans cette finale, en breakant d’entrée pour mener 2 jeux à 0. Break rapidement effacé par le Suisse, qui recolle à 2 jeux partout. Un jeu de plus de 10 minutes, à 4-3 pour Federer, va faire basculer ce set. Murray au service va sauver plusieurs balles de break et remporter son jeu de service, breakant dans la foulée et réalisant un jeu de service parfait pour empocher la première manche 6-4. L’Ecossais remporte pour la première fois un set en finale de Grand Chelem, pour sa quatrième finale.

Dans la deuxième manche, Murray semble toujours légèrement au-dessus de son adversaire, se procurant des balles de break à 2-2 et 4-4, sans les convertir. L’expérience de Federer va primer dans cette fin de deuxième set, concluant lors de sa seconde occasion le set 7-5, en prenant le service de l’Ecossais. Le match est alors interrompu à cause de la pluie, le temps de fermer le toit du Central.

Sous le toit, le Suisse semble retrouver son meilleur niveau et prendre la mesure de son adversaire. A l’instar du premier set, la troisième manche va tourner à l’issu d’un jeu très long (plus de 20 minutes), où le Suisse va convertir l’une de ses 6 occasions de break, pour mener 4-2. Très solide au service (aucune balle de break concédée), Federer confirme et remporte le 3ème set 6 jeux à 3.

Démoralisé, Murray n’arrive pas à mettre en danger le Suisse sur son service et ce qui semble inéluctable arrive. A sa première occasion, Roger Federer breake et remporte le titre sur un dernier coup droit de l’Ecossais hors des limites du court. Au bout de 3h24 de jeu, le Suisse s’écroule sur le gazon londonien pour la 7ème fois, lui permettant d’égaler ainsi le record du nombre de victoires à Wimbledon de Pete Sampras. Et d’entrer un peu plus dans la légende du tennis.

Cyril

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