juin 20, 2012
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La France s’est qualifiée mardi 19 juin pour les quarts de finale de l’euro. Seconde de son groupe, elle affrontera l’Espagne lors du prochain tour. En grande partie grâce à l’émergence de la génération dorée, celle de 87.
La France a souvent eu des leaders: Platini ou Zidane. Cette année, elle s’en remet à une génération. Les Nasri, Menez, Ben Arfa, et Benzema, nés en 1987. Après avoir beaucoup tergiversé pendant la préparation, Laurent Blanc a décidé de leur faire confiance pour ce championnat d’Europe. Benzema et Nasri ont été titulaires les trois premiers matchs, Menez et Ben Arfa ont participé à deux matchs sur trois.
Très techniques, ces quatre joueurs imposent un style moins direct à l’équipe de France basé sur la possession du ballon. Après trois matchs, le bilan est mitigé. Capable d’exploits individuels dans leur bon jour (Nasri contre l’Angleterre, Menez contre l’Ukraine), ils peuvent également se rendre coupable de nonchalance (Benzema, Nasri, Ben Arfa contre la Suède) tout en contribuant au jeu trop stéréotypé des Bleus.
Irréguliers
Pour la génération 1987, l’histoire débute il y a 8 ans. L’équipe gagne le championnat d’Europe des moins de 17 ans en 2004 après avoir battu en finale l’Espagne de Fabregas et Piqué. Une consécration qui les obligea à de nouvelles responsabilités. A seulement 17 ans, ils devaient alors faire face à la pression des médias qui attendaient et cherchaient un successeur à Zidane. Tour à tour, Nasri et Benzema furent comparés au grand numéro 10 des Bleus.
Inconstants, les quatre espoirs ont chacun eu des périodes de doutes, plus longues que d’autres pour certains. Le cas le plus symptomatique est celui d’Hatem Ben Arfa. L’ancien pensionnaire de l’INF Clairefontaine réussit quelques coups d’éclats à Lyon mais se montre bien trop inconstant sur une saison. Il est vendu à Marseille à 21 ans en 2008 pour près de 11 millions d’euros.
Sous les ordres d’Eric Gerets puis de Didier Deschamps, il déroute à la fois les défenses et ses entraineurs qui doivent apprendre à gérer un caractère compliqué. Deschamps est épuisé par les caprices de Ben Arfa et demande son transfert. Ben Arfa s’exile à Newcastle. Après une première saison gâchée par les blessures, il se montre irrégulier lors de sa deuxième année mais la termine en trombe lui permettant d’être sélectionné pour l’Euro.
Benzema, lui, fait face à une période de disette lors de ses premières années au Real Madrid qu’il passe majoritairement sur le banc, regardant Higuain empiler les buts. Son entraineur José Mourinho lui reproche son caractère trop dilettante qui se matérialise par un certain nombre de kilos en trop. Jeremy Menez fait, très jeune, le choix de quitter la France pour montrer son talent. Il se pose à l’AS Rome pendant 3 ans où il parvient à s’imposer après quelques mois difficiles. Mais Menez reperd sa place de titulaire, pêchant par irrégularité. Il signe en 2011 au PSG où il réalise une deuxième partie de saison particulièrement accomplie.
Samir Nasri, marseillais d’origine, est perçu dès son plus jeune âge comme un prodige, une sorte de Zidane qui aurait décidé de jouer dans son club de cœur même s’il ne gagnera rien avec l’OM. A 21 ans, tout comme Menez et Ben Arfa, il donne une nouvelle orientation à sa carrière en signant à Arsenal, où son jeu prendra en maturité. A 25 ans, ces quatre joueurs semblent tout de même avoir atteint une sorte de plénitude footballistique. Même si les polémiques sur leur mauvais caractère supposé n’ont pas forcément été dépassés, bien loin est le temps où une partie de la génération 87 avait été privée de Coupe du Monde 2010 à cause d’une saison en demi-teinte et d’un ego mal placé.
Nasri et Benzema, exclus de la liste de 2010
Pressentis pour faire partie de la liste pour la Coupe du Monde 2010, Samir Nasri et Karim Benzema ne sont mêmes pas présélectionnés dans la liste des 30 de Raymond Domenech en 2010. Celui-ci avait prévenu en avril 2010 qu’il n’hésiterait pas à écarter des bon joueurs ne privilégiant pas le collectif, surement échaudé par les tensions entre jeunes et anciens en 2008. “La leçon, c’est qu’ils doivent être intelligents et dépasser leur ego pour penser que c’est l’équipe qui compte, pas eux. S’ils n’ont pas compris ça, je mettrai des coups de fusil !(…) Dire: vous êtes au service de l’équipe de France et si vous n’en êtes pas capables, stop ! Si tu ne peux pas dépasser ton cas personnel, tu n’es pas un joueur de talent”. Ironie de l’histoire, l’Equipe de France implosera en pleine Coupe du Monde pour un conflit d’egos. Domenech avait le bon diagnostic mais avait-il utilisé le bon remède?
Aucun des joueurs de la génération 1987 ne participera à la Coupe du Monde en Allemagne. Domenech avait pourtant contribué à les lancer, notamment lors d’un fameux France Autriche de 2007 où il avait associé Nasri et Benzema (1ère sélection en équipe de France). Victoire 1-0 de la France, but de Benzema sur une passe décisive de Nasri.
Mais, Raymond Domenech n’ira jamais au bout de sa logique de renouvellement comme il le reconnaitra après l’Euro raté de 2008 :”Je n’ai pas assez bien fixé l’objectif qui était que l’Euro doit servir de champ d’expérience à tout une génération. Il y a un renouvellement qui est en train de se faire et les cadres doivent transmettre l’exigence de l’Equipe de France tout en passant le relais petit à petit.”
A maintenant 25 ans, la génération 87 a pris le pouvoir en équipe de France sous le patronage bienveillant de Laurent Blanc. Encore trop souvent inconstants et individualistes, ils ont néanmoins permis à la France de passer un tour en compétition internationale pour la première fois depuis 2006. Un ensemble de talents enfin prêt à prouver qu’ils sont capables de faire briller collectivement l’équipe de France ?
Michaël Bloch
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