Près d’un an après sa prise de fonction, l’heure est au bilan pour le sélectionneur de l’équipe de France de football. Intronisée à la tête de la sélection à la suite du psychodrame de Knysna, Laurent Blanc a bénéficié d’un état de grâce que peu de sélectionneurs ont obtenu. Son histoire d’amour avec les médias a été également facilitée par l’appui de de ces anciens partenaires de France 98 comme Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry qui ont micro ouvert sur TF1 et Canal Plus. Pour autant, ces douze derniers mois ont surtout confirmé qu’un sélectionneur devait parfois composer avec les circonstances et pouvait renier ces principes martelés après sa prise de fonction
« Ah si ça avait été Domenech, qu’est ce qu’on aurait dit ! » C’est l’impression qui est souvent revenue ces dernières semaines en voyant les choix effectués par Laurent Blanc et sa communication parfois bancale. Pour rompre avec la méthode Domenech, il avait par exemple assuré qu’à présent les joueurs évolueront en Equipe de France à leur poste de club (une manière assez habile pour évincer Jeremy Toulalan en 2010 qui jouait alors en défense centrale à Lyon). Or, lors du dernier match de l’équipe de France contre l’Albanie, Laurent Blanc a fait jouer Abidal en défense centrale et Florent Malouda au poste de milieu droit. Des postes plutôt incongrus pour ces deux joueurs.
Changement de doctrine
Sous l’ère Laurent Blanc, il n’existerait plus de sélections automatiques. Seuls les joueurs les plus en forme dans leur club auront la chance d’être retenu. Le principe de réalité a également chamboulé ce principe du début de mandat de Laurent Blanc. Comment comprendre autrement la sélection de Guillaume Hoarau qui est en grande difficulté sportive depuis plus d’un an ?
Le sélectionneur a d’une certaine manière théorisé ce changement de doctrine dans une récente conférence de presse : « Pour moi, la notion de groupe reste plus importante que la performance en club. (…) Guillaume vit une situation compliquée au Paris SG mais il a toujours fait preuve d’un état d’esprit irréprochable et le sortir du groupe ne serait pas une bonne chose. (…) Nous sommes à un moment où il faut gagner et nous ne sommes pas là pour faire des essais.(…) Atteignons d’abord l’objectif. Après, il y aura des matches pour récompenser des joueurs en forme ou des joueurs qui nous plaisent. »
Au niveau comptable, La France est première de son groupe et compte 16 points en 7 matchs. Un bilan honorable. Dans le même temps, l’Allemagne, la Hollande et l’Espagne ont remporté tous leurs matchs et l’Italie compte 19 points sur 21 possibles. A l’évidence la France est encore loin de pouvoir concurrencer ces équipes lors du prochain euro polonais et ukrainien.
« Une équipe de minimes: un bon gardien, un bon avant-centre, et au milieu il suffit de remplir »
Au-delà des résultats, le niveau de jeu de l’équipe laisse encore à désirer (ou est le projet de jeu promis par Laurent Blanc au début de son mandat ?). Le sélectionneur, dans un déni étonnant, feint de ne pas s’en rendre compte et a blâmé les journalistes pour leurs critiques acerbes après le match contre l’Albanie le 3 septembre. « On a bien gagné ? » a-t-il ainsi ironisé au lendemain du match.
Après la Coupe du Monde Laurent Blanc s’était plaint que le « noyau » de joueurs cadres sur lequel s’appuyer n’était « même pas un pépin de melon. » D’une certaine manière, le sélectionneur avait tout de même la « chance » de pouvoir repartir de zéro et de construire son groupe comme il l’entendait. Pour autant, il a choisi de s’appuyer sur des joueurs comme Ribery ou Evra dont le comportement avait fortement déplu en Afrique du Sud et dont les performances en équipe de France n’ont jamais été flamboyantes (à part durant la coupe du monde 2006 pour Ribery).
Si, depuis août 2010, Laurent Blanc a su trouver des certitudes, on a parfois le sentiment que l’équipe de France ressemble à une une équipe de « minimes: un bon gardien, un bon avant-centre, et au milieu il suffit de remplir » selon les mots du journaliste de L’Equipe Vincent Duluc.
Michael Bloch
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